Des indications historiques

Les Comtes de St. Gilles :

Raymond III en 924 hérite d'une partie de la région il signera "Raimond III Pons, marquis de Gothie, Comte de Toulouse et de St. Gilles... Plus tard Guillaume Taillefer agrandira le territoire...

Chronologie des Comtes de Toulouse :

Raymond IV : 1061/1105 - Bertrand : 1105/1111 - Alphonse Jourdain : 1111/1148 - Raymond V : 1148/1194 - Raymond VI : 1195/1222 - Raymond VII : 1222/1249

Raymond IV stabilise le Languedoc (et la Provence). Il organise et finance la première croisade passant par la terre et s'implante en Lybie où il tente de s'octroyer la ville de Tripoli (Liban). Il meurt et son successeur Bertrand pénètrera dans la ville où, lui aussi, trouvera la mort...

Alphonse Jourdan parti en croisade mourra en Palestine.

Raymond V reste dans ses terres occitanes et fait prospérer la région (commerce, culture, cour d'amour, troubadours...).

Raymond VI sera excommunié plusieurs fois par le Pape pour son manque "de loyauté" (mais il veut préserver son peuple)... Les Cathares prennent de l'ampleur, Simon de Montfort commence la croisade "Albigeoise", il mourra aux portes de Toulouse et sera remplacé par son fils venu du nord....

Raymond VI avec son fils (futur Raymond VII), redeviennent maîtres chez eux par la reconquête militaire de leurs terres. C'est sous le règne de Raymond VII que prend fin la lignée des Comtes et l'annexion au royaume de France de leur terres saccagées...

Les Comtes de St.Gilles/Toulouse avaient mis de côté les reliques du Saint dans la basilique St. Sernin de Toulouse. Protégées dans la ville elles étaient à l'abri de convoitises. Les reliques faisaient l'objet de vols ou de commerce de la part des dirigeants des communautés religieuses ou civiles. La présence des restes de personnes honorées permettaient d'accueillir de nombreux pélerins et favorisaient les échanges. Les reliques du Saint sont, depuis avril 2016, dans l'église actuelle de StGiles.

Le comte Raymond IV se fait appeler en plus de ses titres : comte de Tripoli. Son objectif (voir plus bas : les croisades) est de posséder une terre en Palestine et il choisit cette ville que son fils Bernard va envahir. Suivra alors la construction du Château Saint Gilles à Tripoli (Liban) qui est en ruine mais toujours bien présent sur la coline appelée "Mont Pélerin". Un Hôtel Dieu sera construit et les comtes possédaient une magnifique bibliothèque (analalogue à celle d'Alexandrie !) qui aurait, semble-t-il, brûlée. Ces terres bien exploitées rapportent beaucoup d'argent aux comtes (exploitation de la cane à sucre appelée "miel de l'Inde"). Un trait d'union entre l'Orient et l'Occident en commerçant plus facilement avec l'Asie par la "route de la soie".

Le comte Raymond VI tolérait le catharisme sur ses terres. Le pape lui demandera son abjuration à cette "hérésie" sur le parvis de l'abbatiale et devant le "peuple". Il sera ensuite flagellé dans l'église basse et devant le tombeau de Pierre de Castelnau. Il accepte cette humiliation pour être tranquille et protéger son territoire. Il n'en pense pas moins...

Le Comte Raymond VII sera excommunié aussi (plusieurs fois comme ses prédecesseurs) pour les mêmes raisons. Il participe timidement à la croisade des Albigeois. N'ayant pas de descendance son "royaume" sera annexé à celui de la France. Sa fille étant mariée au frère roi de France

Les Croisades :

1095 première croisade partie en 1096 passant par Lyon via l'Italie, la Dalmatie, la Grèce puis la Turquie et la Palestine...

On ne sait pas assez que la 1ère croisade vers "la Terre Sainte" a été commandée par Raymond IV qui fera son périple par la terre. Les Francs rejoindront le Comte et une imposante armée se dirigera vers ces territoires convoités.

Mais alors pourquoi Raymond IV part par la Terre alors que St.Gilles est un grand port ? La mer foisonne de pillards, de pirates, de barbares. La terre lui paraît plus sûre !  Il comprendra ensuite que son entreprise lui coûte très cher en hommes et aussi en argent. Alors devant ce couteux déplacement, les autres expéditions vers la Palestine utiliserons le bâteau avec des navires armés pour combatre en mer.

On ne comprend pas trop la motivation du Comte qui décide d'aller en "Terre sainte". Il n'entretient pas de rapports particuliers avec les gens d'église. C'est un fin politique, et  il maîtrise très bien "l'art militaire" qu'il utilise en dernier recours. Je pense que le Comte a vu là un aspect plus matèriel que spirituel. Le Moyen Orient est connu pour ses richesses. Le port de St. Gilles est en relation avec cette contrée. Un territoire, une colonie en Palestine peut rapporter beaucoup d'argent. Il sait que les états de ce pays ne sont pas soudés entre eux et n'ont aucune cohésion. Les pèlerins qui s'y rendent sont souvent rançonnés, pillés, et une armée de conquête peut aider à sécuriser et secourir les occidentaux. S'établir dans ce pays divisé lui donnerait  l'occasion d'entretenir de meilleures relations commerciales. La prise de Jérusalem s'effectuera assez "facilement". 

Donc Raymond IV voit dans cette expédition une façon d'enrichir sa prospère région en s'installant à Tripoli en Lybie...

Profitant que les Papes fanatisent les foules en usant de divers artifices (indulgences, remise des pêchés, richesse à venir, gloire militaire... On connaît ces incitations), pour détourner une certaine lassitude religieuse. Ainsi, occultant les problèmes internes, Rome permet une cohésion de son autorité rekiligieuse et la croisade cristalise un nouvel idéal en calmant les esprits. Le Comte va utiliser cette oportunité.

Les maisons romanes dans St. Gilles :

 Inventaire des edifices domestiques des 12e 13e et 14e siecles de st gillesInventaire des edifices domestiques des 12e 13e et 14e siecles de st gilles (133.16 Ko)/Les maisons romanes de st gillesLes maisons romanes de st gilles (445.88 Ko)

Un inventaire des monuments historiques fait état de nombreuses maisons ou vestiges de maisons moyenâgeuses. Voir l'inventaire des maisons romanes des monuments historiques où tous les emplacements sont répertoriés : sur les document PDF ci-dessus.

Détails sur la construction de l'abbatiale :

...Le plus souvent bâtie sur une route de pèlerinage, l'église clunisienne devait tout d'abord frapper par ses dimensions et ses proportions harmonieuses. Dans un deuxième temps, la richesse et la variété des décors contribuaient à l'édification du visiteur en s'inspirant de thèmes religieux. Cette recherche artistique se trouve à la fois dans les monastères languedociens de l'ordre et dans les prieurés ruraux essaimés le long du réseau des voies antiques.

Par ses dimensions et surtout par ses deux nefs superposées, l'abbatiale de St. Gilles aurait dû être un des monuments les plus somptueux du littoral méditerranéen. Malheureusement la construction de cette basilique fut compromise à maintes reprises par de sérieuses difficultés financière dues à des problèmes purement locaux. Il semble que l'édifice, dont il subsiste encore la "crypte", ait été commencé après le rattachement définitif à Cluny 1066, par le Pape Urbain II lors de son passage à St.Gilles. Cette consécration pontificale paraît avoir concerné non pas une nef déjà terminée, mais plutôt un chantier encore à ciel ouvert. A ce moment-là, la seule portion couverte était la travée du collatéral sud qui était située vis à vis du tombeau de St. Gilles et qui était voûtée en berceau. De premières escarmouches entre l'abbaye et le comte de Toulouse interrompirent les travaux à partir de 1105... Un nouveau conflit avec le comte Alphonse Jourdain éclata en 1120 et l'abbé, Hugues, fut emprisonné à Beaucaire...Sous l'impulsion de l'abbé Pierre d'Anduze lié à la puissante famille des Bermond, la construction de la basilique prit un tournant décisif avec l'achèvement de l'église inférieure dont les dernières travées furent voûtées d'ogives et avec le lancement de l'église supérieur qui, profitant de la dénivellation du terrain, aurait dû atteindre une longueur de 98 mètres, contre 60 mètres seulement pour la "crypte".

De cette même époque, paraissent dater également la façade occidentale ainsi que le chœur qui ne pût être alors relié à la nef car une nouvelle pause sur le chantier suivit la reprise des hostilités, en1179, l'abbé ayant chois le parti du roi d'Aragon et de l'évêque de Nîmes en guerre avec Raymond V de Toulouse. La paix revenue en 1185, une nouvelle campagne de travaux fut marquée par la décoration des portails. La guerre des Albigeois, dont plusieurs épisodes célèbres se jouèrent à St. Gilles, entraina la fermeture du chantier pendant plus de cinquante ans. En 1261 les moines reprennent les travaux grâce à guy Foulques (enfant de St. Gilles) devenu pape sous le nom de Clément IV promettant cent jours d'indulgence aux personnes venant en aide à la reprise des travaux...

Source du texte ci-dessus : "Eglises romanes oubliées du bas Languedoc" - Pierre A. Clément -  editions Presses du Languedoc, Max Chaleil éditeur. Les guillemets du mot crypte sont de moi !

Le portail de l'abbatiale :

Par le plus grand des bonheurs, la seule partie conservée de l'église supérieure offre aux regards le triple portail le plus représentatif du roman méditerranéen. Son originalité réside dans les résurgences de l'art antique de la narbonnaise première. Le maître d'oeuvre s'est largement inspiré à la fois de l'arc de triomphe d'Orange pour la conception monumentale centrée sur l'inégalité des trois portails et à la fois des murs de scène des théâtres romains d'Arles et d'Orange pour l'ordonnancement architectural des portiques à colonnes et des niches à statues. D'autre part, si la profusion de statues et de bas reliefs ressort de l'éthique clunisienne, les sculpteurs ont puisé en grande partie leur technique et leurs thèmes aux sarcophages paléochrétiens répandus abondamment dans la région d'Arles/Saint-Gilles.

Dans un premier plan vertical, c'est à dire en avancée de la façade, six colonnes antiques de réemploi, dont les hauteurs différentes sont composées par des socles plus ou moins élevés, supportent un entablement dont la tranche est sculptée d'une file d'animaux : bovidés, fauves, serpents...

De part et d'autre du portail central, cet entablement est soutenu par des colonnettes jumelées qui s'appuient sur des lions couchés. Leurs socles sont ornés de grecques et de bas reliefs en médaillons. Au plan vertical de la façade elle-même, la décoration s'étage sur quatre niveaux.

Le soubassement est constitué par des panneaux cannelées qui épousent toutes les saillies des murs. Sa partie supérieure est couronnée par un bandeau où alternent un rang de perles, un rang de feuilles d'acanthes et un rang de grecques. Le registre suivant accueille dix hautes statues inscrites dans des niches rectangulaires qui sont séparées soit par des rinceaux, soit par des pilastres cannelés. Quatre autres statues aux dimensions identiques sont logées dans les retraits du portail central. La première statue, au nord de la façade, représente l'archange saint Michel terrassant le dragon, tandis qu'à l'opposé, à l'extrême sud, la dernière niche abrite un groupe de trois anges luttant contre les démons dont le faciès bestial et le torse velu dénotent une possible influence bourguignonne. Les autres statues, groupées quatre par quatre, figurent les douze apôtres.

Dans l'entre portail nord, on trouve successivement saint Mathieu et saint Barthélémy, tous deux désignés "Brunus me fecit", et, fortement marqués par le style antique, saint Thomas et saint Jacques le Mineur, tous deux oeuvres d'un autre sculpteur dont la facture fait songer à une formation reçue dans un chantier du Sud ouest.

Aux ébrasements du portail central, Saint Pierre doit être attribué à l'auteur de Saint Thomas, tandis que saint Jean l'Evangéliste, saint Jacques le Majeur et saint Paul ont été exécutés par Brunus ou tout au moins par son atelier.

Enfin les quatre apôtres de l'entre portail sud, qui n'ont pu être encore identifiés, ont eu pour auteur deux autres sculpteurs qui se sont inspiré, chacun à leur manière, de sujets des sarcophages.

Au-dessus se déroule une frise sculptée qui court sans interruption d'un bout à l'autre de la façade, la continuité étant assurée par les linteaux des trois portails. Alors qu'habituellement les thèmes abordés sur les chapiteaux ou sur les tympans des églises romanes se caractérisent par une absence complète d'unité et par une alternance de motifs sans aucun rapport entre eux, la frise de Saint-Gilles déploie les scènes de la Passion dans un ordre apparemment chronologique. Commencée à l'ébrasement gauche du portail nord, avec les préparatifs de l'entrée à Jérusalem, elle prend fin à l'ébrasement droit du portail sud par l'apparition du Christ ressuscité à ses disciples le soir de Pâques. il apparaît que le maître d'oeuvre de la façade a conçu et programmé cette décoration et qu'il a confié l'exécution des différents épisodes à tel ou tel atelier qui les ont traités chacun librement.

Le linteau du portail gauche représente le cortège des apôtres et l'entrée du Christ à Jérusalem. Ce tableau très fréquent sur les sarcophages représente Jésus monté sur la traditionnelle ânesse tandis que la ville est symbolisée par une enceinte crénelée surmontée d'un temple circulaire. Dans l'entre portail nord, on remarque surtout la scène où Jésus chasse du Temple à coups de fouet quatre marchands, dont un changeur, qui est peut-être là par allusion à une corporation très florissante à Saint-Gilles. Le linteau du portail central est consacré à des grands moments de la Passion, le lavement des pieds, et la Cène. A leur droite, dans l'ébrasement, on trouve la seule composition épargnée par les mousquetades des Réformés. Il s'agit des épisodes du baiser de Judas et de l'arrestation du Christ, traités d'une façon magistrale avec une recherche exceptionnelle dans l'expression des visages.

A l'entre portail sud, la frise se poursuit notamment avec la Flagellation où l'on voit le Christ attaché à une colonne et frappé par deux bourreaux en tunique courte, scène qui est très rare dans l'imagerie romane. Plus courantes sont les séquences du portail sud avec, au linteau, les saintes femmes achetant des aromates pour embaumer Jésus à des marchands assis derrière leur comptoir et les mêmes trois protagonistes arrivant au tombeau et découvrant le sépulcre vide, thème classique des sarcophages paléochrétiens.

Au niveau supérieur, les trois portails sont reliés par une corniche que supportent des modillons sculptés d'acanthes ou de têtes humaines.

Si le tympan du porche central, reconstitué au XVIIème siècle, n'offre aucun intérêt, par contre les deux autres tympans romans reflètent la richesse de l'inspiration des sculpteurs qui ont décoré la façade. Au portail nord, l'artiste a repris le thème très languedocien de l'Adoration des Mages, avec la Vierge entourée de nombreux personnages dont les visages ont malheureusement été martelés. Au portail sud, le thème de la Crucifixion est bien plus original puisqu'il a été abordé, avant Saint-Gilles, uniquement au tympan de Saint-Pons (de Thomières - Hérault*).

Avec Saint-Gilles, le Languedoc possède un reflet magistral de la splendeur clunisienne. Les moines de la vallée Flavienne, tout en restant fidèles à la ligne de l'ordre, ont su donner au portail de l'abbatiale un style particulier dont le méridionalisme est peut-être l'affirmation d'une certaine indépendance vis-à-vis d'une tutelle maintes fois contestée...

Source du texte ci-dessus : "Eglises romanes oubliées du bas Languedoc" - Pierre A. Clément -  editions Presses du Languedoc, Max Chaleil éditeur.

Les guillemets du mot crypte, les parenthèses de St.Pons, sont de moi !


A propos des animaux ornant le portail :

Les textes officels définissent mal les animaux; ils sont axés uniquement sur le dogme catholique moderne. La vision moyen-âgeuse était différente et la liberté d'expression donnée aux artistes. Et puis la construction de l'Abbatiale a subie l'influence égyptienne (voir la collection Zodiaque...) ou celle des premiers chrétiens.

Voici quelques animaux présents sur le portail :

Le Lion symbolise le Soleil, le pouvoir, la sagesse et la justice; le roi, le Pharaon, le Christ. Mais aussi l'orgueil et l'autorité ou l'Amour et la Justice. Le Lion est un signe de feu.

Voir dans le Tarot la lame 11 : la Force.

Son opposé est le Lapin qui est un animal lunaire...

Le Bouc/Bélier représente l'éveil, le printemps, L'air, le vent, la fertilité, le feu initial. Comme le lion il est royal et solaire (voir la Toison d'or) En égypte il est le dieu Amon ! (Voir Abraham).

C'est aussi le bon pasteur des Chrétiens et dans le même ordre d'idée l'Agneau c'est la renaissance, le renouveau; le triomphe de la Vie sur la Mort ! L'agneau est celui que l'on sacrifie symbole de mort expiatrice (voir le Christ).

Le Singe est un animal sacré identifié à Thot en égypte. Il est la luxure et la malice; il symbolise le diable, il est "singe de Dieu". Il est l'Initié, le Tentateur dissimulant ses connaissances par ses pitreries...

Le Centaure est une double nature (mi animal, mi homme, il est "la bête en l'homme" à maîtriser, équilibrer. Symbole du sagitaire. 

Le Chameau est un animal saturnien, conducteur et salvateur; sa sobrièté lui permet de traverser le désert spirituel pour amener à l'essence divine...

Le Cerf c'est l'Arbre du Monde, l'Arbre de Vie. Il est croissance et renaissance, il annonce la Lumière à l'image du Christ. Il est, lui aussi, un animal solaire. Animal du ciel, de l'air et du feu opposé au Serpent : terre et eau. Il est Kernunos pour les Celtes, le dieu de l'abondance, de la longévité. Il est parfois assimilé à la Licorne.

L'Ours est, pour les Celtes, l'emblême des guerriers, du pouvoir temporel et de la fonction royale (le Roi Arthur). A l'opposé du sanglier qui symbolise le sacerdoce. L'ours est de caractère chtonien initiateur à l'image du chameau...

Sources : "Le symbolisme animal" - J.Paul Ronecker (Editions Dangles)

Voici quelques pistes sur le symbole des animaux qui ornent cette façade.

Et je ne suis pas du tout d'accord avec les explications négatives qui sont données officiellement. Je vois dans ce portail un message "politique" spirituel trés subtil qu'il faut approfondir en se mettant en phase avec les idées de l'époque de la construction de l'édifice...

Claude Servanton.

La mandorle de la porte centrale

Au centre du portail de l'entrée de l'Eglise il y a le Christ en Gloire, bénissant le Monde, enfin je pense car ses mains sont cassées (Je suppose que l'une bénit et l'autre tient le livre). Centre et axe du Monde.   Le Christ en gloire est placé dans la mandorle; c'est le symbole du retour à l'androgynie. La Mandorle c'est l'amande, l'amande est le coeur du fruit, dans l'amande il y a le germe d'un devenir. L'amandier est un arbre monoïque ou pour faire plus simple sa fleur est mâle et femelle. Ce qui correspond à l'androgynie. Il est le premier à fleurir...

La mandorle des églises est placée sur le portail central. C'est la représentation de l'homme retrouvant son état primordial. 

La mandorle c'est l'oeil. Le " troisième oeil ", placé sur le front, il est le symbole de la glande pinéale appelée " le soleil dans la tête " par les égyptiens. Elle tire son nom de sa forme de pigne de pin ou de pignon. Elle est constituée de cristaux (le cristal capte et diffuse la lumière). Elle rythme la fonction lumineuse dans le corps et régule le métabolisme et son action est en rapport avec l'activité sexuelle. Cette glande permet l'ilumination du corps. Le corps de Gloire, androgyne, représenté dans les mandorles des églises du Moyen-âge.

Voir la vision d'Ezéchiel dans la Bible (1/1 à 14) où il est question du 5 et du 4 et dans Apocalypse (4)

 

Le Compagnonage :

St Gilles et les Compagnons, les tailleurs de pierre, les charpentiers... et : la vis connue dans le monde entier... Un chef d’œuvre de stéréotomie ! voir "Des indications spécifiques".

LE LAPIN DE SAINT-GILLES :

Cette petite sculpture orne, près du portail central, la façade de l’église. Dans un fin rinceau de feuillages, le lapin grimpe allègrement. Cet animal est lié aux compagnons, Chez les compagnons, le jeune apprenti est « un lapin », car, disait Agricol Perdiguier dit « Avignonnais la Vertu », au 19 e siècle, je cite : le lapin est le plus faible et le moins intelligent : faible, il mérite aide et protection, moins intelligent par ce que nouveau dans le savoir et le savoir-faire.

Dans Alice au Pays des Merveilles, Lewis Carroll place le sympathique lapin blanc sur le chemin du rêve, choisi par Alice pour lui montrer l’entrée. Donc le jeune compagnon, « le lapin », en cherchant son chemin comme dans Alice au pays des merveilles, doit découvrir des « signes » : par exemple « la grenouille » sculptée dans le bénitier de Narbonne, l'église St. Roch à Montpellier est dotée d'un bénitier à grenouille, la chouette de Notre-dame de Dijon, le lapin de l’église Saint-Jean à Caen et à Saint-Gilles. Après avoir admiré et étudié la vis et son fabuleux escalier, il salue le lapin,  rapide, libre comme l’air, et qui depuis le moyen âge lui ouvre la route du voyage à la fois technique et initiatique « le tour de France », pour devenir enfin un maître. (Source) madame Grifeuille (historienne a et de Saint-Gilles).  
 

Le Catharisme :

Au XIIIéme siècle, tandis que le monde se voyait normalisé dans la main du pape et du roi, au nom d'un ordre divin, les hérétiques étaient assimilés à des criminels coupables de lèse-majesté envers Dieu. Et, comme tels, livrés au bûcher, qui sanctionnait leur damnation éternelle. Durant plus de deux siècles, les cathares représentèrent les hérétiques absolus, les plus éxécrés du pouvoir. Et pourtant, eux-mêmes se désignaient comme les pauvres du Christ, les successeurs des Apôtres.

Cinq Eglises cathares, avec leur hiérarchie ecclésiastique, sont attestées dans le domaine occitan - ainsi qu'une en France et six en Italie -, parfois sur de très longues pèriodes, entre leur éclosion au coeur du XIIéme siècle et les ultimes résistances du début du XIVéme siècle avec des silences d'une génération ou deux.

Les Cathares ont ainsi développé, à propos du Christ ou des anges, des conceptions origéniennes; sur les sacrements ou l'organisation écclésiastique, des pratiques proches de celles de l'Eglise primitive. Le catharisme opposa un refus particulièrement absolu au nouveau visage que se composait alors l'Eglise du pape : réformatrice, militante, distillant les idéologies de la croisade, l'encadrement dogmatique et de l'exclusion.

Dans les populeuses seigneuries des principautés occitanes de Carcassonne, de Toulouse et de Foix, toléré et protégé par les castes féodales, le catharisme s'affairait comme un christianisme ordinaire, garantissant la promesse du salut au peuple chrétien par l'exemplarité évangélique de son clergé de Bons Hommes et de Bonnes Femmes.

La "Croisade des Albigeois", guerre voulue par le pape - et finalement gagnée par le roi de France - mit aux prises de grands acteurs dramatiques : prélats et seigneurs de guerre, faydits et dinasties comtales occitanes. Dès les années 1200; la conviviale implantation des communautés cathares dans le quotidien des bourgades méridionales, et par l'échec des missions cisterciennes, dèbute, en Occitanie, les hostilités. L'histoire de l'Occitanie et des cathares est jalonnée par les bûchers, les guerres ou les sièges ; de Lavaur à Minerve en passant par Toulouse et Albi, et enfin par la chute de Montségur et de Quéribus en 1255. Alors le catharisme perdit ses protecteurs naturels et dut gagner la maquis.

L'Inquisition fut crée en 1233 pour débusquer les hérétiques et réconcilier à la religion du pape et du roi les populations nouvellement soumises. L'inquisition est une Institution à la fois policière et pénitentielle mise en place pour des siècles dans la chrétienté occidentale. Ce tribunal religieux ne dépendait que du pape et fondé sur la délation. Il constituait un redoutable et définitif progrés dans les méthodes et le concept de répression grâce à l'action de ses dominicains inquisiteurs, leurs scribes et leur bureaucratie, leurs prisons et leurs bûchers.

Anne Brenon. "Le dico cathare".

Les Cathares*, tolérés par les Comtes de St. Gilles/Toulouse, prend de l'ampleur dans la région et fait de l'ombre à l'église Romaine.

Ils sont chrétiens puisqu'ils croient en Jésus-Christ et en l'Evangile ; ils considèrent le monde, royaume du Mal, comme l'oeuvre du Diable ; ils recherchent la pureté spirituelle. 

*Cathare = pur.

Après de nombreuses tractations pour enrayer ce phénomène, le Pape envoie Pierre de Castelnau dans la ville pour signifier que les Cathares* sont des hérétiques !!! à la religion de Rome ! Une personne de la maison des St. Gilles (les comtes) va assassiner le génant légat du Pape dans les environs de la ville... à partir de l'assassinat de Pierre de Castelnau le déclin de St. Gilles va s’amorcer, voulu par le pouvoir central, et la croisade des albigeois anéantira le pays, alors le port de St. Gilles n'est plus entretenu, et le Port et la forteresse d'Aigues mortes seront construits sans remplir son rôle (trop difficile d'entretien)... 

Extraits :

...aissi coma la santa paraula de Dieu nos ensenha e los sans apostols e les nostres fraires espiritals nos o anoncian, que nosautres degitem tota desirança de la carn e tota lagesa, e fasam la volontat de Dieu, lo perfach ben complit, mas nos, servitors negligents non fasèm solament lavolontat de Dieu enaissi coma ce conviendria, mas soventament acomplissèm los desirs de la carn e las curas del sègle, si qu'als nostres esperits nosèm... entre los crestians sèm pecadors... O tu, sant e bon Senhor, totas aquelas causas qu'à nosaustresendevènon, al nostre sens e la nostra pensada, a tu las manisfestam, Sanh Senhor, e tota la moltesa del pecats pausam en la misericordia de Dieu e en la santa orason e en lo sant Evangèli, car nombroses son los nostres pecats... O Senhor, juja e condamna los vices de la carn ; non ajas mercés de la carn, nada de corrupcion, mas aja mercés del esperit, pausat en preson, e administra a nos jorns e oras e venias e dejeuns e orasons e presicacions, enaissi coma es costuma de bons crestians, que nos non siam jujats, ni condamnats al Jorn del Judici coma los felons...

...Tandis que la sainte parole de Dieu nous enseigne, ainsi que les saints apôtres et que nos frères spirituels nous l'annoncent, que nous nous rejetions tout désir de la chair et toute souillure, et fassions la volonté de Dieu, ce qui est la perfection bien accompli, nous, serviteurs négligents, non seulement nous ne faisons pas la volonté de Dieu ainsi qu'il conviendrait, mais souvent nous accomplissons les désirs de la chair et les tâches du siècle, si bien quà nos esprits nous nuisons... entre les chrétiens nous sommes pêcheurs...O toi, saint et bon seigneur, toutes ces choses qui arrivent à nous, à notre esprit et à notre pensée, à toi nous les confessons, Saint Seigneur, et toute la multitude des péchés nous la plaçons en la miséricorde de Dieu et en la sainte oraison et dans le saint Evangile, car nombreux sont nos péchés... O Seigneur, juge et condamne les vices de la chair ; n'aie pas pitié de la chair, née de la corruption, mais aie pitié de l'esprit, qui est en prison, et accorde-nousjours et heures et génuflexions et jeûnes, et oraisons et prédications, comme c'est coutume des bons chrétiens, afin que nous ne soyons pas jugés, ni condamnés au Jour du Jugement comme les félons...

 

Quelques indications sur lesTempliers, Hospitaliers de St. Jean :

Pour résumer, l'Ordre du Temple est créé officiellement en 1129 puis dissous en 1312. Ordre militaire et religieux (règle de St. Benoît) établit pour secourir, défendre et aider les pèlerins. Ces militaires étaient redoutés de leurs ennemis.

Après la débandade de Terre Sainte les Templiers se retirent dans leurs riches commanderies d'Europe et mènent grande vie oubliant pour beaucoup les règles de pauvreté et d'abstinence. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'Ordre est dissous. Tous n'ont pas été mal traités puisque la plupart touchaient des rentes et beaucoup ont rejoint les privilèges financiers ou d'autres communautés plus discrètes. Comme par exemple les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem Ordre militaire et religieux... En supprimant définitivement l'Ordre des Templiers en 1313, le grand prieuré de St. Gilles double ses possessions. Devant une telle richesse, l'Assemblée générale de Rhodes démembre celui-ci en 1317.. 

Les Templiers ont participé à la construction de ces lieux. Ils perfectionnent l'art dit "gothique", architectural mais aussi tellurique en apportant par exemple la mise en place des labyrinthes 

 

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