Un peu d'histoire

Histoire d'un site sacré :

Les personnages :

Aegidius est le nom grec de Gilles (Gile en Occitan).

Venant de Grèce et après un périple important (Rome, Catalogne, Orléans, Colias et Uzès dans le Gard, Arles), Gilles se retire dans la forêt Flavienne appartenant à Wamba roi Wisigoth de la Septimanie (voir la légende plus bas dans le texte).

Après une période d'ermite et ayant attiré des disciples il construira un monastère*.

Des miracles lui sont attribué et, grâce à la construction particulière de l'abbatiale (voir la conférence), on peut encore soigner certains troubles somatiques...

Les comtes de Saint Gilles contribueront largement à l'édification de l'abbatiale. Raymond IV dirigera et financera la première croisade vers Jérusalem.

La lignée des Raymond (descendants des wisigoths) sont à l'origine de la civilisation Occitane. Elle sera anéantie par la cupidité et le pouvoir aveugle du roi de France et de la papauté très puissante, prétextant que les Cathares allaient supplanter la religion catholique romaine en déclin spirituel dans cette région.

* Sainte Cécile d'Estagel est un lieu ayant accueilli l'ermite ! l'ermitage est implanté sur le plateau des Costières, qui s'étandait jusqu'à l'actuel château d'Espeyran (un domaine immense exploité par les moines), son nom - Estagel - est dû à la présence d'un étang... Gilles implantera ensuite son monastère (et qui sera rapatrié bien plus tard dans la ville des comtes de Saint-Gilles). Ce site est occupé depuis longtemps et bien avant l'arrivée d'Aegidius.

Il ne reste "presque" plus rien de ce lieu transformé en établissement commercial... Seul le portail monumental peut-être admiré au musée du Louvre à Paris ornant un passage entre les salles romanes et gothiques... Une ornementation venue de l'Orient méditerranéen... nous explique Pierre Clément dans son livre "Les églises romanes oubliées en Languedoc" aux éditions les Presses du Languedoc.

 

l'histoire « légende » du personnage :

Aegidius est né à Athènes au VIIème siècle de notre ère, de riches et pieux parents descendants des rois de cette cité. On raconte que aegidius était l'objet de miracles dès l'âge de sept ans, qu'il reçut une éducation chrétienne à douze ans et que, ses parents morts, il distribue ses richesses et s'enfuit de son pays.

Il débarque à Marseille (comptoir Grec) et on le trouve en Arles, puis à Nuria (Espagne), où il protège les « bergers » à l'aide d'une vierge à l'enfant qu'il aurait sculptée ! Il va à Rome, puis il est accueilli par St. Vérèdeme sur les bords du Gardon dans la région d'Uzés (à Collias exactement). Et va s'établir dans une « grotte » de la vallée Flavienne ( à Estagel – Flavienne de Flavius un roi wisigoth et non pas Flavius Joséphe le Romain...) Vivant seul (il aura des disciples) dans cette épaisse forêt, l’anachorète se contente de contemplation, de dévotion, d'humilité et de pénitence. Une biche lui tiendra compagnie et lui fournira son lait !  A cette époque les Wisigoths ont remplacé les Romains et occupent le territoire. Wamba est le roi Wisigoth de l'Espagne et de la Septimanie – sacré roi à Tolède par l'archevêque Quiricius, la religion catholique romaine est fortement implantée. Wamba est en guerre contre un rebelle nîmois. Il est donc dans la région et, un jour, des personnes de sa suite chassent dans la forêt où se trouve l'ermite. Poursuivant une biche, ils blessent Gilles à la cuisse (ou à la main...) en voulant la protéger... Et ils trouvent dans sa grotte l'ermite en compagnie de la biche. Ces derniers rapportent au roi Wamba leur découverte. Celui-ci offre la forêt Flavienne à Aegidius pour qu'il y construise un monastère. Suivra l'invasion des Sarrasins de la région. Aegidius se réfugie à Orléans protégé par Charles Martel. Il découvre ainsi la civilisation Celte. Gilles retournera dans son monastère d'Estagel au sud de Nîmes et au nord de St. Gilles. Il entame une vie de cinquante années de pénitence et de dévotion, dans son monastère. Il meurt le 1er septembre en 720 ou 721. Peu avant sa mort, et avec l'aide des autorités (Charles Martel et Raymond IV) une église sera construite dans la ville de St. Gilles fortifiée pour se protégér de possibles invasions... Depuis de nombreux miracles lui sont attribués et des pèlerins mais aussi des souverains de toutes les régions de l'Europe viendront sur sa tombe.

Voilà l'histoire romantique !

Explication sommaire de la légende (voir la conférence pour plus de détails :

Le déroulé de cette histoire ressemble à celle de beaucoup d'autres et je pense à St. Roch de Montpellier, à St. Paul et St. Antoine,Apollonius de Thyane,  à Jésus, St. Benoît...

Voici quelques exemples par le symbole ou les analogies :

A l'âge de sept ans il fait des miracles, à douze il a une éducation chrétienne, très chrétienne. Il distribue ensuite ses richesses et part sur les « chemins » fuyant la foule. Il est « Ermite » et « dans une grotte ». Il a pour compagnon une biche, d'autres un chien ; il est blessé à la main, d'autres à la cuisse, il fait des miracles... Il se nourrit du lait d'une biche, d'autres de pain apporté par un chien ou des corbeaux... Il est protégé et aimé des « grands » (rois, papes), il soigne les pauvres comme les riches. La ferveur, l'enthousiasme, un certain idéal, favorisent et créent des histoires magnifiques s'amplifiant avec le temps pour honorer ou ne pas oublier des personnages célèbres influençant ou guidant les populations ! De ce récit, de cette vie, va naître l'un des plus grands pèlerinage du monde Chrétien aprés celui de St. Jacques de Compostèle. Et ainsi, et parallèlement, la ville devient l'une des plus grandes cité de la méditerranée. Les comtes de Toulouse sont de bons stratèges militaires, politiques et de bons négociants en affaires commerciales. Les Comtes de Toulouse (et de St. Gilles) sont des descendants des Wisigoths. Et aussi des Grecs car Toulouse est fondée bien avant notre ère par le Grec Tholosa. Le développement de la ville de St.Gilles a été favorisé par la mise en place du pèlerinage : quelques miracles, agrémentés d'une savoureuse légende ont permis la fabuleuse richesse de la ville...

Saint Gilles thaumaturge ?

Oui et non...A mon avis il n'y était pour rien dans sa vie monastique... Il a été "utilisé" pour promouvoir un lieu. Historiquement c'est à partir de la construction de l'abbatiale de la ville que l'on parle de miracles, de guérisons. Et le Saint est mort depuis longtemps. Il y a un faisceau de faits qui amènent à provoquer des guérisons (voir Lourdes). Le personnage avait un certain charisme de par sa vie monastique. Un pourrait dire une sagesse lui donnant un rayonnement ! Ajoutons la ferveur des gens, le lieu bien ordonné par sa construction géobiologique; l'idée du Saint (ou ses restes physiques mais autres...) provoquant de fortes émanations d'énergie, ont permis de dire et de "prouver" que Gile était un thaumaturge et que sa sanctification par l'église de Rome apporterait du bienfait à l'humanité. Le cercueil du curré d'Ars émet de formidables vibrations et pourtant il est mort depuis longtemps... 

​La ville :

Emplacement probable de la ville grecque d'Héraclée ! Plus tard elle s'appellera Villa Flaviana (voir la légende) vers la fin de l'époque gallo-romaine.        

Le site est connu depuis la haute antiquité.

L'abbaye est mentionnée vers 904/911 sous le nom de St. Pierre de Gothie.

En 1076 une église -très grande - est construite... Elle sera consacrée en 1096 et le tombeau du Saint est mis en place en 1116. Des reliques étaient  conservées à Toulouse rendues en avril 2016 à la ville !

​La ville, appelée "Cité des Goths", appartient aux Comtes de St. Gilles et de Toulouse que l'on appelle "Princes de Gothie".

Le port de la cité est situé aux pieds des remparts. Son trafic est "international":  toute la méditerranée commerce avec la ville. Et il est le premier port d'embarquement pour les croisades de Palestine.

Les Templiers - voir "indications historiques"- La commanderie de Saint Gilles est crée en 1139; elle occupe une grande partie de la cité, proche du port avec fortifications et accés direct au port, une ville dans la ville aussi importante (paraît-il) que le siège de Paris.

Les Hospitaliers de St. Jean de Jérusalem sont aussi présents et installés à côté des Templiers avec les mêmes infrastrutures 

D'autres communautés sont établies dans la ville : l'Ordre de St. Lazarre puisqu'on sait qu'il y avait une léproserie et un Hôtel Dieu. Il y a de sept à douze paroisses, appartenant aux différents ordres hospitaliers, une synagogue, des écoles, de nombreux changeurs de monnaie...

La ville est un centre religieux et commercial très important grâce au pèlerinage (le 1er septembre) et par la présence miraculeuse du tombeau du Saint et au port commercial international.

​Les anciennes voies Romaines sont empruntées pour les déplacements en Septimanie (Toulouse / St. Gilles) et la voie "Regordane", qui vient du Puy, et passe par le massif central, est un axe majeur vers le nord (route du sel). De nombreuses autres routes terrestres convergent vers Saint Gilles qui est donc une des plus importantes cités du Moyen-âge.

Entre Aigues-Mortes et St-Gilles était située une très importante et très belle abbaye : l'Abbaye de Psalmodi; aujourc'hui ruinée et qui gérait les actuels Salins du Midi" aménagés par les Romains. Raymond IV a vendu ce territoire au roi de France ! Cet argent lui aurait permis de financer la Croisade et le Roi de France de bâtir son port sur la méditerranée un canal, ancien bras du Rhône, partant de Sylvéreal et passant proche d'Aigues Mortes, débouchait directement dans la mer mais communiquait aussi avec les étangs. Avoir un port sur la méditerranée était primordial.

​Les étangs (mer intérieure) et reliés entre eux sont utilisés pour les déplacements dans la région côtière car ils protègent des bateaux des barbares et autres pirates naviguant en méditerranée. Toutefois un canal permet de rejoindre les bras du Rhône et la mer...

 

​​​L'architecture sacrée :

La magnifique façade (récemment restaurée) peut donner une idée de l'importance du monument.

Richesse matérielle et spirituelle.

Une "bande dessinée" à plusieurs niveaux de lecture - Pour en savoir un peu plus voir la page : "indications historiques".

Le Compagnonnage a laissé sa trace ici comme sur l'escalier à vis situé dans le cœur ruiné "indications historiques" ".

​Mais le plus important (voir la conférence) se trouve dans ce cœur ruiné et dans la somptueuse église basse qui renferme des "secrets" en résonnance avec l'ancienne et grandiose église haute... Les courants d'énergie (telluriques et cosmiques) présents sur le lieu ont été canalisés et dirigés de façon à améliorer l'action et la communion spirituelle... Guérison des âmes mais aussi des corps...

​... et l'ancien cloître (détruit mais des fouilles sont entreprises) doit posséder sa part de mystère, il reste à découvrir...

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